22 novembre 1916

Mort de Jacques London

Extrait de « L’heure du Peuple » n° 1504 du 25/11/2016

Le 22 novembre 19i6 disparaît un monument de la littérature mondiale, Jack London. Rien qu'un nom et voilà éveillées en vous des lectures adolescentes, des images de Grand Nord, de chiens vaillants, d'hommes robustes, de blizzard glacial, de ruées vers l’or.

Et London, c'est bien tout cela. Mais c'est aussi un engagement politique pas très en cour, au début de ce siècle de tous les bouleversements.

Il a adhéré a 20 ans au Socialist Labor Party. Il en sortira 20 ans plus tard, en rage, pour cause de tiédeur réformiste !

C'est cet écrivain |a que nous célébrons. Celui qui crie, qui dénonce avec fureur toutes les injustices, les inhumanités d'une société qu'il refuse.Plongez au cœur des révoltes du Talon de fer, ouvrage d'anticipation étrange, qui dès 1908 décrit une Révolution écrasée par une répression méthodique et fonctionnelle, née de l’alliance contre nature du capitalisme et des chefs syndicalistes, une répression qu'il fait durer 300 ans l Une Révolution racontée par une femme, suprême audace pour un roman clairement revendiqué antilibéral ! Une fille de la bourgeoisie, qui « trahit sa classe" pour suivre un prolétaire lumineux, un texte ardent, vivant. Et si actuel. Car hélas, rien n’a changé.

Les pauvres sont toujours anéantis sous le Talon de fer du capitalisme triomphant.

Visitez avec lui son Peuple de l'abîme qui préfigure avant l'heure ce que seront le Quai de Wigan et celui d'0uistreham, ceux d'0nvell et de Florence Aubenas. Une immersion dans les bas-fonds de Londres. Une plongée dans son passé de gosse cles docks, de crieur de journaux, de voleur d’huîtres, de trimard, de marin au long cours, de pécheur de rêves.

Prenez les trains des « hobo » et La Route, celle qui en annonce une autre, celle de Kerouac, 40 années plus tard.

Pas de doute, London est bien un écrivain politique. Il voyage, rencontre Debs, soutient la révolution mexicaine, il veut « aller voir », et lutter, sa colère intacte, contre toutes les indignités, les droits bafoués des travailleurs.

ll meurt à 40 ans,à peine, admiré de Lénine et de Trotski, ivre de vie, de mots, d'écriture, de passion. Il meurt comme son héros, son double, Martin Eden. Il meurt, puisque pour de bon, il a choisi d'être « un météore superbe plutôt qu’une planète endormie ».

Brigitte Blang

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Date de dernière mise à jour : 28/01/2017