11 novembre 1914

Le monde serait-il meilleur ?

Ce n'est pas certain !

Parce qu’elle se situe cent ans après le déclenchement de la « grande guerre », la célébration de l’armistice, le 11 novembre, prendra une importance particulière. Elle est l’occasion de rappeler qu’elle a clôturé la première mondialisation capitaliste.

Ceux qui pensent l’actuelle mondialisation inédite se trompent en effet lourdement. Entre le milieu du XIXème siècle et la première guerre mondiale, l’expansion du commerce et l’intensification des échanges de capitaux ont été telles que l’on retrouve bien des caractéristiques de l’actuelle mondialisation. Déjà les innovations dans le domaine du transport (train, bateaux à vapeur) et de la communication ont été à la base de cette expansion. D’où une division du travail à l’échelle mondiale, la signature de traités de libre-échange bilatéraux et même multilatéraux, des échanges croissant beaucoup plus vite que la production, une intensification de l’intégration financière internationale, la première puissance impérialiste, le Royaume-Uni, en étant la pierre angulaire. La concurrence économique entre les puissances d’alors, la Grande-Bretagne, la France, les Etats-Unis et l’Allemagne, qui détiennent le quasi-monopole des productions manufacturières, se traduit de la même manière qu’aujourd’hui : la part des exportations dans le PIB ne cesse de croître. C’est bien cet affrontement économique de plus en plus aiguisé qui fait écrire à Jaurès que « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage ». On sait que l’analyse se révélera terriblement juste.

Les symptômes sont aujourd’hui évidemment les mêmes. Pire encore, car l’appétit de la finance n’a jamais été aussi vorace quant au taux de profit nécessaire pour la rassasier. Avec, à la clef, les mêmes contradictions déflagratrices que dans la première moitié du XXème siècle.

Plusieurs nouvelles et événements de la semaine passée en constituent le sombre écho. 

L’idée de trouver une issue à la crise économique dans un modèle basé sur les exportations conduit à l’impasse : les chiffres du premier semestre 2014 confirment que même la « belle mécanique » allemande est en panne sèche. Les dégâts sociaux vont donc s’amplifier en même temps que l’intensification de la concurrence et du dumping si rien ne vient bouleverser cette politique.

Tout cela se joue sur fond de conflits militaires, au Moyen-Orient ou dans les pays frontaliers de la Russie, où les intérêts géo-stratégiques des puissances impliquées se dissimulent à peine derrière d’autres prétextes.

Et enfin, la dernière livraison du GIEC le week-end dernier n’en finit plus d’alerter la communauté internationale devant le danger des émissions toujours grandissantes de gaz à effet de serre sur le climat alors que le « sauve qui peut » productiviste n’a jamais été autant d’actualité.

 

 

 

 

 L’histoire jugera sans doute les dirigeants actuels à l’aune de ce qu’ils ont fait ou pas dans la période pour éviter la crise civilisationnelle qui menace.

Le pitoyable mi-mandat de François Hollande en sera l’un des pires exemples, n’en doutons pas. Que constate-t-on en effet semaine après semaine ? Il ne se contente pas d’accompagner cette crise multidimensionnelle, il en est un des complices et des accélérateurs.

La politique internationale ? Jamais la France n’aura été aussi alignée derrière les Etats-Unis d’Amérique.

La politique environnementale ? A un an du sommet sur le climat à Paris, voilà le Président de la République en visite en Alberta, la pire des régions en matière de pollution atmosphérique d’un pays, le Canada, qui a justement rompu avec les accords de Kyoto pour exploiter à sa guise pétrole et gaz de schiste. Sans parler des sorties bravaches de son premier ministre qui déclare vouloir imposer l’aéroport de Notre-dame-des-Landes une semaine après que la répression policière d’une mobilisation environnementale a provoqué la mort de Rémi Fraisse.

Le commandant du Titanic pensait lui aussi que son navire pouvait traverser sans coup férir une zone remplie d’icebergs. Et encore, lui n’avait pas l’expérience d’un capitaine de pédalo.

A ce mi-mandat, qu’on ne compte pas sur nous pour sombrer avec François Hollande sans réagir. Le Parti de Gauche va « célébrer » ce mi-mandat dans la semaine qui vient en rappelant qu’une autre voie est possible. Celle de la 6ème République, à travers la votation citoyenne sur la révocabilité des élus organisée justement au cours de ce grand week-end du 11 novembre et en soutenant sur les réseaux sociaux la manifestation en ligne du 12 novembre, une première organisée par le M6R. Celle de l’opposition de la rue au budget et à la politique d’austérité et productiviste du gouvernement Valls-Hollande, dans les manifestations du samedi 15 novembre à Paris et dans quelques grandes villes. Elles vont réunir de façon inédite syndicats, associations, partis politiques et ces dizaines de milliers de citoyen-nes entré-es en résistance face au pouvoir et au Medef. Une façon de gâcher plus encore l’anniversaire de François Hollande et d’ouvrir un espoir.     

Eric Coquerel,
SN à la coordination politique du PG

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Date de dernière mise à jour : 07/11/2014