Palestine

Poème Yves Letrourneur

P A L E S T I N E

 

 

Olivier qu’on arrache et qui pleure sa terre

Que foule du colon le pas impérial ,

Jusqu’à s’enorgueillir d’un pacte immémorial

Qui l’en consacrerait comme seul légataire.

 

Terre où ne germe plus qu’une absence de germe ,

Qu’un Mur ghetto sillonne en faisant un proscrit

Et sur son propre sol, d’un peuple qu’il meurtrit ,

Mur qui sur son geôlier lui-même se referme.

 

Trop aveugle geôlier en train, pour son malheur ,

Ruinant son idéal qu’il voulait prophétique,

Par un renversement d’Histoire pathétique ,

Opprimé qu’il était, de renaître oppresseur.

 

Terre que l’on dépèce et morcelle et disloque

Et qui se rétrécit comme peau de chagrin ,

A laquelle on promet, mais sans nul lendemain ,

Un Etat qui n’aurait pour drapeau qu’une loque.

 

Ô Terre dont Gaza forme une plaie béante ,

Où l’habitant, objet d’un blocus inhumain ,

Au gré de l’Occupant, survit ou meurt de faim ,

Quand il ne subit pas des bombes l’épouvante.

 

Terre exsangue qu’on feint, d’une façon soudaine ,

Dans un Proche-Orient à présent dévasté ,

De remettre à l’honneur, en ayant concocté

Le traquenard de quelque ultime mise en scène.

 

Terre d’humiliation, Terre de résistance ,

Qui n’a pour armes que son courage et son cri,

D’hypocrites alliés comme fragile appui,

De l’Occupant n’osant heurter la préséance.

 

Terre , de l’Occident la honte, ô Toi qui nommes

Toutes les lâchetés et tous les abandons

Qui des pires conflits allument les brandons,

Quand la guerre des dieux fait la rage des hommes.

 

Tu portes dans tes flancs, ainsi qu’une gésine ,

Pour peu que l’on t’écoute et te respecte enfin

Et qu’une juste paix à tes maux mette fin

Une fraternité plurielle, ô Palestine !

 Yves Letourneur

11 février 2014

 

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Date de dernière mise à jour : 14/03/2014