Effet Charlie

L’EFFET CHARLIE

« Puisque ces mystères me dépassent,

feignons d’en être l’organisateur »

                                        Jean Cocteau

 
Leur dernier pied de nez, leur posthume malice :
En leur nom, on se jette au cou de la police
Qui pleure sous son casque et qui n’en revient pas 
Que soudain sa matraque ait un goût de nougat !
 
Dieu pour ces mécréants fait sonner Notre-Dame.
 
Pour cercueil on leur prête un uniforme ; on clame
En grande pompe qu’ils sont dignes de Verdun,
Eux qui de toute guerre honnissaient le tocsin !
 
Mais pouvait-on laisser au peuple l’avantage
D’avoir pris les devants par un puissant hommage
Massif et spontané, qui débordait de loin
Le Pouvoir ? Il fallait qu’il reprît tout en main,
Transformant sur le champ en union nationale
Cette union populaire et par trop anormale
Où Gavroche en Charlie à ses dépens perçait.
 
Alors à l’Elysée, où l’on s’en inquiétait,
Bras dessus bras dessous, et Sarkozy en tête,
On put voir en une connivence parfaite
Et tels des revenants de tout bord, les briscards
De La Cinquième et jusqu’au ci-devant Giscard
Monter les marches d’un rassemblement factice.
 
Mais ce n’était assez pour combler l’artifice ;
On eut recours au Grand Guignol des dirigeants
Les plus douteux d’Europe et d’autres continents
Pour mettre en scène une mascarade unanime.
 
Et Charlie au final n’en fut pas moins victime !

 

                                                        Yves Letourneur

                                                               2 février 2015

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