Déclaration Martine Billard

 MUNICIPALES : MEDIAS ET GOUVERNEMENT LIGUÉS POUR EFFACER LE FRONT DE GAUCHE

Il ne se passe pas un jour sans qu'un média ne mette en avant les bons scores prévisibles du Front National aux municipales. A les écouter, il n'y aurait plus en France que 3 forces politiques : le PS, l'UMP et le FN. La réalité est pourtant bien différente lorsqu'on se penche sur les sondages publiés par ces mêmes médias. Dans plusieurs villes, le Front de Gauche est donné devant le FN (Nancy, Caen, Bordeaux, Pau) ou à égalité avec celui-ci (Biarritz, La Rochelle...). Dans d'autres cas, seuls 2 points nous séparent de l'extrême-droite, différence bien peu significative compte tenu de la marge d'erreur inhérente à cet exercice. Pourtant, les commentateurs continuent à présenter sans vergogne le FN comme seule alternative au système dominant.

Nous assistons donc à une volonté générale d'effacer le Front de Gauche de l'espace politique. Nos listes sont très rarement invitées dans les débats audiovisuels y compris sur le service public qui préfère mettre en scène le FN même lorsque celui-ci est donné derrière le FdG. Comme d'habitude le CSA ne trouve rien à y redire malgré de multiples protestations. Pourtant, le défi que le PG s'était donné de constituer le maximum de listes autonomes du PS au premier tour de l'élection a été relevé. Le PG est présent dans plus de 600 communes dans des configurations diverses dont 88 listes avec EELV, regroupant soit l'ensemble des forces du FdG (51) soit sans le PCF (37), mais toutes avec l'axe central du refus des politiques d'austérité. Tout cela ne plaît pas au PS qui s'était promis de faire éclater et disparaître le FdG à l'occasion de ces élections.

Nous assistons donc à une campagne bien orchestrée du ministère de l'intérieur pour minimiser la présence de nos listes et tout comme leur résultat le soir du 1er tour. C'est ainsi que la grille des nuances de Manuel Valls est conçue pour empêcher les candidats de se déclarer Front de Gauche et pour limiter une telle étiquette aux listes uniquement conduites par le PCF. Nous assistons donc à un vrai bras de fer dans les préfectures pour faire respecter notre droit comme indiqué pourtant dans le mémento édité par le ministère de l'intérieur « Le candidat est libre du choix de son étiquette qui traduit ses orientations politiques ». Or c'est ce que nous dénie Manuel Valls en voulant nous imposer l'étiquette PG ou extrême-gauche ou divers gauche selon les cas. C'est un abus de pouvoir. Nous exigeons de Manuel Valls qu'il respecte ses propres directives et qu'il arrête de manipuler les étiquettes politiques dans le seul but d'effacer le désaveu annoncé pour les listes gouvernementales.

Martine Billard,
co-présidente du Parti de Gauche

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Date de dernière mise à jour : 17/04/2014