Rémunérations Grands Patrons

Salaires hauts cadres0002C ’est toujours pareil. Des rémunérations de patrons qui font les gros titres et des politiques qui font les gros yeux. Puis rien. Le 25 mars, PSA indiquait que son PDG, Carlos Tavares, avait perçu 3,25 millions d’euros en 2015 soit deux fois plus qu'en 2014. Majorée des actions le récompensant de ses « efforts », sa rémunération a atteint 5,2 millions.

« Trop élevée » s'est étranglé Macron quand Valls déplorera une « augmentation qui ne correspond pas a la réalité que vivent aujourd’hui les salariés de cette grande entreprise ».

De fait, leur niveau moyen de rémunération est 200 fois moins élevé. L’écart était de un à trente en 1989 quand l'augmentation de 46% de Jacques Calvet, alors PDG de PSA, fit scandale.

Le premier d’une longue série a base de « stock-options », de « parachute doré », ou de « retraite chapeau » sans que rien ne se passe ou presque. La publication des salaires des patrons des entreprises cotées a été imposée par la majorité de Jospin. Celle de Hollande ne fait rien. « Nous préférons miser sur une autorégulation exigeante » s’est justifié Moscovici en 2013. Mais les exigences du gouvernement n’ont pas été plus entendues par PSA qu'elles ne |’avaient été chez Renault. L’Etat minoritaire a dû accepter que la rémunération de Carlos Ghosn atteigne 7,2 millions en 2015. Et s'il avait obtenu des dirigeants de PSA qu’ils renoncent à une partie de leur rémunération en 2013, c’est uniquement parce que le groupe avait besoin que l'Etat se porte garant d’une levée de fonds.

Le « rétablissements se fait au détriment de ses salariés. Les effectifs français de PSA sont passés de 60 000 fin 2013 à 47 750 fin 2015. Chez Renault, 8 000 emplois ont été supprimés en 2014 dans le cadré d'un accord de compétitivité qui prévoit aussi une hausse du temps de travail et le gél des salaires. Les rémunérations de Tavarés ou Ghosn sont donc rendues possibles par la destruction de la vie de leurs salariés avec la complicité du gouvernement.

Jean-Luc Mélenchon propose la mise en place d'un salaire maximum : pas de salaire supérieure 20 lois le salaire le plus bas ! Comme il l'explique, « si Ghosn il voulait gagner cette somme de 7,2 millions il lui faudrait alors donner 30 000 euros par mois à ses ouvriers. Je suis certain que beaucoup se diraient : ce serait beaucoup trop, ce n'est pas possible. Telle est l'aliénation à l'idéologie dominante : on intériorise une limité au salaire ouvrier on est incapable de l'imaginer pour un grand patron.»

Damien PRAT

Extrait de « L'Heure du Peuple » n° 1476

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Date de dernière mise à jour : 08/04/2016