Déclaration sur le Budget 2015

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Déclaration des élues « Groupe Communiste et Groupe Massy, Place au peuple – Front de Gauche de Massy - »

CM du 20 novembre 2014 sur le DOB 2015

Sans surprise, le projet de loi de finances prévoyant 11 milliards d’euros de baisse des dotations aux collectivités locales a été confirmé par le gouvernement. Celle-ci, va porter à 25% la baisse des dotations aux collectivités pour atteindre, 28 milliards d’ici 2017.

C’est une véritable catastrophe!

Nous voyons de nombreuses collectivités contrainte de rééchelonner, ou annuler leurs projets de chantier, ce sera notre cas à Massy… D’ailleurs, la Fédération des Travaux Publics craint une perte de 60 000 emplois d’ici 2017.

Mais au-delà des travaux publics se sont les services à la population qui sont grandement menacés.

A titre d’exemple, la contribution à la réduction du déficit de l’Etat imposée à la ville de Massy s’élève donc à une perte de 1,7 M€ pour 2015, à laquelle il faut ajouter au 1,2 de 2014, comme vous le dites dans votre rapport. Et l’hémorragie jusqu’à 2017, va être exponentielle.

Le gouvernement, avec l’appui du Medef et la surenchère demandée par la droite organisent la casse des services publics pour les livrer aux marchés financiers. La réforme territoriale, qui y contribuerait est un véritable séisme institutionnel, une directive européenne pour mettre les territoires en concurrence et privatiser les services publics aux profits de la finance.

En effet, alors que les économistes toutes tendances confondues s’accordent à dire que ce sont aujourd’hui les dépenses publiques qui boostent la croissance, (rappelons que l’investissement des collectivités locales représente 70% de l’investissement public en France) le gouvernement et la droite s’acharnent à vouloir réduire les dotations de d’Etat.

Mr le Maire, vous ne pouvez donc, voter au Sénat encore plus d’austérité et d’économie pour les dépenses publiques et faire mine d’être victime dans votre commune.

En effet, ces coupes sombres de l’état qui concernent toutes les collectivités, même si elles ne sont pas impactées de la même façon, d’avantage pour les communes, et les départements

  • (et ce n’est pas un hasard évidemment, car elles sont dans le collimateur de la réforme territoriale initiée par Nicolas Sarkozy et prolongé par le gouvernement actuel Hollande/Valls, qui veulent à terme leurs disparitions) Je rappelle que vous agissez, Mr le Maire pour la disparition des départements.

Ces coupes sombres vont avoir des incidences sur la vie quotidienne des massicois.

Le budget de l’Essonne n’est pas le budget des élus du Front de Gauche. Le département réduit ses subventions aux communes parce qu’il est lui-même touché, par la réduction drastique des dotations de l’Etat et on ne peut feindre de l’ignorer.

Comme vous le rappeler l’augmentation de la TVA (l’impôt le plus injuste), la prise en charge des activités périscolaires, cotisation à la CNRACL impacteront notre budget communal.

Ce n’est pas l’évolution du poids de la dette des collectivités territoriales qui justifie de tels choix, celle-ci étant au regard des critères européens, d’une remarquable stabilité.

Mais vous n’aurez pas le choix, il faudra endetter d’avantage notre commune pour réaliser les équipements indispensables à la venue des nouveaux habitants, parce qu’ils le réclament par nécessité.

Mais nous pourrions rompre avec cette politique austéritaire enfonçant chaque jour notre pays dans la crise en réformant en profondeur la fiscalité locale

Une autre voie est possible. Il faut augmenter les ressources propres des collectivités locales sans accroître la pression fiscale sur les couches populaires et moyennes, et mobiliser autrement le crédit des banques sur les territoires, en revendiquant beaucoup plus de pouvoirs pour les citoyens et leurs élus sur l'utilisation de l'argent des fonds publics, du crédit et des profits sur les territoires.

Il faut décider d’un nouvel impôt sur les sociétés calculé sur un mode progressif en fonction du chiffre d’affaires, des efforts sur les créations d’emplois et de la formation et du résultat environnemental, et d’un impôt territorial des entreprises assis sur leur capital.

Mais malgré ce contexte général, nous ne pouvons être d’accord sur les orientations de votre budgetprésenté ce soir :

En effet, la commune de Massy devrait-être un bouclier social avec des politiques solidaires, de promotion d’une véritable qualité de vie pour tous les massicois, ce qui n’est pas le cas.

La difficulté est de plus en plus grande pour les collectivités qui doivent choisir entre une réduction drastique des dépenses passant soit par une baisse de l’offre de service public soit par des privatisations. Pour ce qui vous concerne, vous avez choisit les deux.

Mais contrairement à ce que vous déclarez, vous avez, en son temps, choisit l’augmentation de l’impôt local sur les ménages devenu pourtant insupportable pour beaucoup de nos concitoyens, en créant le nouvel impôt : la TEOM.

La réduction des moyens de fonctionnement des services de la ville : moyens donnés aux agents communaux aux services des habitants, n’est pas la bonne orientation.

Vous vous donnez comme objectifs la réduction de 3%, pour les dépenses de personnel et pour les associations.

C’est pour nous, justement dans ces deux domaines que vous devriez ne rien lâcher. En effet, quand la majorité des agents communaux sont parmi les agents de l’état les plus mal rémunérés, qu’ils ont subis en 12 ans, des pertes de pouvoir d’achat de 12,3%, comment pouvez-vous leur demander encore de contribuer aux économies par la suppression de plusieurs jours de congés ou des diminutions de leur prime souvent insignifiantes.

De plus le nombre de personnels diminuant depuis des années le surcroit de travail est visible dans de nombreux services.

Le budget du CCAS est encore en diminution cette année. Celui-ci devrait, compte tenu du contexte d’explosion du nombre de massicois en grave difficultés, de l’augmentation dramatique du chômage, des mal logés et sans logis, de la fragilisation de nombreuses familles, personnes âgées, et handicapés, être la haute priorité du budget.

Car, les coupures d’électricité, les loyers impayés sont de plus en plus fréquents et n’épargnent aucun quartier de la ville, et pas seulement les plus populaires. La pauvreté s’enracine.

le logement: La ville est laissée aux mains des promoteurs au détriment d’une volonté politique en matière d’acquisitions et de maitrise foncière, ce qui a pour conséquence des constructions de logements très peu sociaux ( principalement du PLI) ou par exemple du logement étudiant à 550€ les 20m², et une liste d’attente de demandeurs de logements sociaux qui est de 1900 demandeurs et ne diminue pas depuis des lustres.

La ville ne possède toujours très peu de logement d’urgence alors que vous vendez des appartements d’instituteurs qui auraient pu servir à cela.

La Santé : Un sujet qui ne préoccupe pas votre majorité municipale. Pourtant on le sait, plus d’un tiers de la population renoncent aux soins. Il est urgent de développer une réelle politique de prévention notamment auprès des jeunes, et d’envisager la construction d’un Centre Municipal de Santé

L’Agenda 21 fait plus que s’essouffler. Où sont les moyens et actions initiées par la ville sur les traitements énergétiques de l’habitat social, afin de lutter contre la fracture énergétique. Et la gestion publique de l’eau n’est jamais abordée comme une visée possible. Pourtant, dans les villes où elle a été mise en place les factures aux usagers se sont très sensiblement réduites.

Le Sport : Alors que la dynamique sportive est grande sur notre ville, grâce aux milliers d’heures de bénévole, nous entendons trop souvent parler de soutien financier aux sports d’élites. Massy a-t-elle les moyens de financer le sport Pro à hauteur de centaines de milliers d’€ au détriment du sport amateur et de loisir, pour toutes les générations. Trop peu d’initiatives sont coordonnées qui devraient fédérer le sport massicois.

La Jeunesse : Aucune politique en direction de la jeunesse, des pré-ados et des 16-25 ans n’est mis en œuvre à part quelques initiatives sporadiques intéressant quelques dizaines de jeunes massicois. Mais heureusement la CAF finance nos maisons de quartier.

La sécurité : La vidéo-protection, lourd investissement, n’est pas ce qu’attendent les habitants des quartiers qui souffrent de l’insécurité. Ils souhaitent une véritable politique d’humanisation de la ville avec des ilotiers en nombre suffisant et de la présence humaine dans tous les locaux publics.

L’éducation, les transports, les travaux :

La réforme des rythmes scolaires reste un vrai débat sur l’Education qui doit rester nationale. Elle est à refonder en visant à ce qu’elle réponde aux besoins des enfants qui n’ont que l’école pour réussir.

Notre commune ne doit pas être un bouche-trous des rythmes scolaires imposés, mais ne doit pas renoncer non plus à un périscolaire de qualité, en exigeant les moyens.

Si des efforts, ont été accomplis pour les transports inter-quartiers avec la navette gratuite Europe-Essonne, les massicois se plaignent que certains quartiers ont été oubliés. Nous n’acceptons pas que le stationnement devenu un casse-tête dans tous les quartiers surtout les nouveaux, voit comme unique solution la généralisation du paiement. Ce sont d’abord les massicois qui vont en pâtir.

Les travaux de nos équipements souffrent trop souvent de choix de travaux aux moins disant et les malfaçons se sont multiplier ces dernières années.

L’urbanisme

Sur la ZAC des Franciades, les habitants sont mécontents car ils ont été à peine consultés sur ce projet. Ils sont toujours préoccupés par la restructuration de l’espace public, la densité en logement, la réorganisation du stationnement payant, et la sauvegarde du petit commerce.

Atlantis, avec la Place du grand Ouest dont on a l’impression que l’équilibre financier du projet repose uniquement sur le multiplex retoqué plusieurs fois par lacommission nationale d'aménagement commercial manque cruellement d’infrastructures publiques. Ici et encore les massicois aux revenus modestes sont oubliés, les services publics sont très en retard (la Poste promise est devenue l’arlésienne). L’école qui a vu le jour, pose de gros problèmes de fonctionnement : surpeuplée, bruyante, avec une cour exigüe, des repas avalés à la va vite, pour les petits.

Nous interviendrons pour que le parc de Vilgénis, un des lieux les plus verts de notre ville, ne soit pas livré à la spéculation immobilière et que les populations les plus modestes y aient aussi accès.

Les personnels communauxmal rémunérés souffrent : de manque de considération et promotion, la stagnation de leurs salaires devient insupportable pour nombre d’entre eux smicards de la FP.

Pour conclure :

Vous vous vantez d’une ville bien gérée mais il ne suffit pas d’avoir un budget en équilibre. Oui l’endettement public est sain, s’il crée des services aux profits des habitants.

Vous parlez de dialogue et de concertation, mais les massicois se sentent écartés des débats, qu'ils soient budgétaires ou sur les rythmes scolaires. Les habitants des quartiers, parents d'élèves, les jeunes demandent à être co-décideurs des choix structurant la vie sociale.

Vous allez créer des conseils de quartier où vous choisirez seul leur composition, sans pouvoir, sans budget, juste un faux semblant.

Pourtant un autre budget solidaire et social, qui doit servir de véritable amortisseur social, avec des mesures anti-crise est possible. C’est une urgence pour les habitants de nos quartiers.

S’opposer aux réductions des dotations d’Etat aux collectivités locales, c’est donc défendre le service Public et c’est aussi agir pour la relance de la croissance et de l’emploi.

Des convergences sont possibles avec des élus, des habitants et les agents territoriaux de toutes sensibilités. C’est la seule solution pour redonner de l’espoir aux citoyens et les élus du Front de Gauche seront de ceux là.

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Date de dernière mise à jour : 21/11/2014