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Edito du PG par Eric Coquerel

REVOQUONS LEUR POLITIQUE !

Mardi dernier à l’Assemblée nationale, Manuel Valls a été mauvais. Il a resservi le même mauvais disque qu’à l’université de La Rochelle, mais celui-ci est désormais rayé. Les envolées se veulent lyriques, elles ne sont plus que grandiloquentes. Il pense incarner la fermeté, n’apparaît plus que l’entêtement obtus. La machine tourne à vide et les ficelles des communicants qui travaillent derrière lui sont de plus en plus visibles. Ainsi la méthode consiste à revendiquer la défense de notions et de valeurs qu’il s’ingénie à détruire par sa politique : l’investissement, les entreprises, le travail, l’égalité, la nation, l’activité économique, etc. Sans oublier ses appels vibrants à la République qu’il confirme pourtant vouloir défigurer avec une réforme territoriale véritable usine à gaz et à inégalités… Il se rêve en Clémenceau, il en est sa rature.

Parce qu’il n’a pas obtenu la majorité absolue, parce qu’il n’en conserve malgré tout une que par l’appui des radicaux de gauche, Manuel Valls est ressorti affaibli du vote de confiance. Pourtant, le soir sur TF1, il pouvait affirmer : « il n’y pas de majorité alternative à l’Assemblée ». C’est un fait. Il est maintenant avéré que le nombre de dissidents de sa majorité – député-e-s EELV, frondeurs PS, MRC – était suffisant pour le renverser. Sans illusion superflue, nous avions choisi à la Fête de l’Humanité la méthode de la pédagogie pour leur dire que c’était le seul vote utile et crédible. Nous avions raison. En refusant de passer pour des opposants à une ligne que plusieurs d’entre eux condamnent pourtant fortement, ils ont laissé au Premier ministre la possibilité de continuer à saccager le pays.

Quoi qu’il en soit, l’évidence est là : ce n’est pas de l’Assemblée nationale qu’est venue la solution. En jouant de tous les artifices autoritaires de la 5ème République, François Hollande et Manuel Valls seront quand même parvenus à renvoyer la représentation nationale au rôle de godillots. Le Premier ministre, mais aussi la grande majorité de son parti car les frondeurs ne peuvent faire oublier le rapport de force en son sein, est ainsi convaincu d’avoir passé l’obstacle. Il se trompe : c’est pour mieux tomber. Car il tombera aussi sûrement que sa politique et sa méthode de gouvernement sont catastrophiques. D’ailleurs, dès le lendemain, mercredi, les couacs et erreurs repartaient de plus belle : Macron ne pouvait éviter plus longtemps que ne transparaisse sa morgue de classe à propos des ouvrières de Gad et la « réforme » fiscale proposée par Valls se montrait telle qu’elle est : un bidouillage improvisé.

Il faut donc faire ce que l’Assemblée n’a pu – voulu – opérer : révoquer le gouvernement de Manuel Valls et la politique de François Hollande. C’est pourquoi le Parti de Gauche a proposé à tous les potentiels partenaires d’une telle initiative, à commencer par le Front de Gauche, une manifestation dans la rue pour dire non à la confiance. Le 5 octobre, l’extrême droite et les réactionnaires de tous poils vont rééditer la manif pour tous. Il n’est pas question de leur laisser le privilège de s’opposer au gouvernement sur leurs valeurs inégalitaires. Nous avons proposé cette manifestation à mi-mandat présidentiel, soit en novembre, pour le symbole mais aussi parce qu’elle tombe en plein dans la période décisive du vote du budget.

Cette proposition répond aux exigences du court terme : en finir avec la politique menée. Mais pour le Parti de Gauche, elle s’inscrit évidemment dans un dessein de plus longue portée : la campagne pour la 6ème République. Car la mi-mandat devrait être pour le peuple la possibilité d’une « vérification démocratique » pour reprendre les mots mêmes de François Hollande dans son ouvrage paru en 2006. On voit bien que le principe de révocabilité des élus éviterait le blocage dans lequel nous entraîne un pouvoir tous les jours plus délégitimé. Les semaines à venir vont donc plus que jamais nous permettre de lier les deux impératifs du moment : combattre Valls et la politique de Hollande et promouvoir une refonte de fond en comble de la République par et pour le peuple.  De ce point de vue, on ne peut que se réjouir du succès de la plateforme du mouvement pour la 6ème République que nous soutenons et qui, moins d’une semaine après son lancement, a déjà recueilli plus de 25 000 signatures. Voilà plus que jamais l’alternative à laquelle nous entendons œuvrer.

Eric Coquerel,
SN à la coordination politique du PG

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