RER B en panne pourquoi ?

RATP / SNCF : Plutôt coopération qu'une concurrence libre et faussée.

Rer bAlors que le pic de pollution permettait à des milliers d’usagers de bénéficier de la gratuité du transport dans le RER, des incidents à répétition sur la ligne B du RER les en ont privé une bonne partie de la journée.  Mais que se passe-t-il dans les RER ? 

La ligne du RER B  est exploitée par 2 entreprises de service public (‘RATP et SNCF). Elle transporte 1 million de voyageurs par jour. Si on y ajoute le RER D qui croise cette ligne en un point critique à Châtelet, c’est 1,5 millions de voyageurs qui sont transportés. 

Depuis 2009, cette ligne a fait le choix d’une circulation des trains de bout en bout sans changement de conducteur. Cette exploitation des trains  appelée «  interopérabilité » qui a fait l’objet d une négociation avec les organisations syndicales a provoqué l’arrêt du projet d’une construction d’un double tunnel à Châtelet portés par des syndicalistes, des associations d’usagers et le Parti de Gauche. 

Autre aberration qu’il nous faut souligner, cette ligne malgré son trafic ne dispose que d’1 atelier de maintenance  quand il en faudrait 2 pour se montrer réactif en cas d’incident. (Qui de la SNCF ou de la RATP prend en charge l’investissement ?)  Les autorités organisatrices doivent se mettre d’accord pour financer cet investissement. 

Le RER B comme le RER A présente une caractéristique particulière de circulation dite "urbaine" qui requiert une réglementation adaptée à cette circonstance. Sur la ligne B, il existe une réglementation de type circulation RATP  puis une réglementation de type  circulation  SNCF. Donc, la circulation ferroviaire s’effectue sur une même ligne avec plusieurs réglementations (au mépris de la sécurité ferroviaire) quand il n’en faudrait qu’une. Imaginez vous circulant plusieurs heures sur une même route ou la priorité passerait tantôt à droite puis tantôt à gauche. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué. Au moindre incident, il en découle un retard qui ne peut que s’accumuler.

Puisqu’il existe un parc RATP et SNCF, il existe un service de la voie, des caténaires, de signalisation sur chaque domaine d’exploitation. La encore, en cas d’incidents, chaque entreprise réagit dans son secteur de compétence. La culture de l’entreprise s’efface devant une culture de résultat. L’usager, bien sûr, que l’incident se déroule du coté SNCF ou RATP est le grand perdant.

Pour apporter une solution à ce problème endémique, le gouvernement Sarkozy / Fillon  et celui de Hollande / Valls  ont lancé le projet Grand Paris Express. Il s’agira de permettre aux plus fortunés (24 euros le ticket) d'accéder à une navette reliant l’aéroport Roissy à la ville de Paris en moins de 12 minutes.

Est-ce le rôle d’un service public dont l’État est l’unique actionnaire de créer les conditions d’une discrimination entre usagers ? Nous, Insoumis, condamnons ce projet inutile au coût pharaonique.

Encore un fois la démonstration est faite que les solutions existent permettant de servir l’intérêt du plus grand nombre et de faire vivre le service public.

Nous, Insoumis, avons à cœur de  privilégier le choix de la coopération entre entreprises de service public. Elle s’oppose à la construction d’une concurrence contraire aux intérêts des usagers.

Nous, Insoumis, exigeons l’instauration d’un dialogue social dans les entreprises ne répondant plus aux ordres d’une directive européenne prônant une concurrence libre et faussée.

PHILIPPE JURAVER, agent RATP retraité, syndicaliste.

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Date de dernière mise à jour : 08/12/2016