13 novembre 2015

Déclaration de Jean-Luc Mélenchon

« Notre pays est martyrisé.

Nos cœurs se tournent vers les victimes, leurs familles, et tous ceux qui, à cette heure, sont dans l’angoisse, la peine et le deuil. Il faut que, pendant ce temps du deuil, les confrontations, entre nous, cessent. Le temps du débat reviendra assez vite car il est nécessaire.

Mais pour l’heure, il faut se rendre utile. Se rendre utile. D’abord comme le font tant de nos compatriotes, en marquant leur solidarité par le don du sang, par la disponibilité aux autres. Ensuite en répondant à l’appel des autorités, sans barguigner. Enfin, et par-dessus tout, en faisant échec aux objectifs que poursuivent les meurtriers à notre endroit.

Par-dessus tout, ne laissons pas la haine s’incruster dans nos cœurs comme ils le souhaitent. Par-dessus tout, ne nous divisons pas et, en particulier, n’acceptons pas que nous soyons triés d’après nos religions, car aucune n’est coupable dans cette circonstance.

Les actes des meurtriers leur appartiennent entièrement. Le mépris qui les accable doit leur être strictement réservé.

Je forme le vœu que nous soyons capables, nous, la République française, d’être à la hauteur de nos destins et des attentes qui se formulent dans le monde entier, en même temps que l’affection s’exprime à l’égard de nous.

Quelques heures de deuil, quelques jours. La lutte reprendra bien assez tôt. Dans l’instant, soyons capables de faire face. »

PCOF

Sur les attentats et « l’état d’urgence »

L'émotion suite aux attentats terroristes est très vive.

La volonté de manifester la solidarité avec les victimes est forte et légitime.

C'est ce que nous avons exprimé dans notre communiqué du 14 novembre, titré, "il faut continuer à vivre".

Les réponses données par le gouvernement sont inquiétantes et graves : proclamer à tout va que "nous sommes en guerre" pour militariser l'espace public et décréter l'état d'urgence, qui interdites rassemblements, les manifestations, avec un appel à "l'union sacrée ». La droite et l'extrême droite se lancent dans une dangereuse surenchère sécuritaire.Le climat de suspicion généralisé est dangereux, d'autant qu'il alimente la stigmatisation de la communauté musulmane.

Dans ce contexte, plus que jamais nous réaffirmons la nécessité de combattre la politique de misère et de guerre, ce qui passe par le droit à manifester,à se rassembler, à revendiquer.

Paris, 16 novembre 2015

Parti Communiste des Ouvriers de France

ATTAC

Déclaration 14 novembre 2015

Au lendemain des massacres de Paris, les adhérents et sympathisants d’Attac, à l’unisson de la société française, ressentent épouvante et révolte devant la haine aveugle et meurtrière. Attac exprime toute sa solidarité avec les victimes et leurs proches. Les personnes assassinées vendredi soir ne faisaient qu’exercer leur droit à la convivialité, à la civilité, à l’art, à une vie libre, toutes choses que ces tueurs veulent éradiquer au nom d’une vision fanatisée de la religion.

Malgré l’émotion et la tristesse, nous refusons de céder à la terreur, nous refusons la société de la peur, de la stigmatisation et de la recherche de boucs émissaires. Nous affirmons notre détermination à continuer à circuler, à travailler, à nous divertir, à nous réunir et à lutter librement.

« La France est en guerre », nous dit-on. Mais ce n’est pas notre guerre : après les désastres américains en Irak et en Afghanistan, les actuelles interventions françaises en Irak, en Lybie, en Syrie, au Mali, au Tchad, au Niger, en Centrafrique, contribuent à déstabiliser ces régions et à déclencher les départs de migrantsqui se heurtent à la forteresse Europe et dont les corps s’échouent sur nos plages. Inégalités et prédations déchirent les sociétés, les dressent les unes contre les autres.

Al Qaida ou Daesh tirent toute leur force inhumaine de ces injustices. Cette guerre ne mène à aucune paix car il n’y a pas de paix sans justice. Pour en finir avec cette guerre, nos sociétés devront se désintoxiquer de l’ivresse de la puissance, des armes, du pétrole, des métaux rares, de l’uranium...

Au-delà du terreau social et économique qui nourrit tous les désespoirs et les tous actes insensés, reste la « banalité du mal », c’est-à-dire le fait que l’humanité n’est jamais à l’abri du retour ou de l’instauration de la barbarie quand certains décident de s’affranchir du respect de l’être humain en tant qu’être humain.

Pour ce qui est à notre portée, plus que jamais, il nous faut lutter contre l’impérialisme fût-il « humanitaire », contre le productivisme destructeur, pour des sociétés sobres, libres et égales.

Nous refusons par avance toute restriction au droit de manifester et de lutter contre ce monde pourrissant, pour les alternatives que portent ensemble les peuples du Sud et du Nord. Du 29 novembre au 12 décembre, à l’occasion de la COP 21 et par nos mobilisations citoyennes, nous montrerons qu’un autre monde est possible, urgent et nécessaire.

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Date de dernière mise à jour : 18/11/2015